7 000 km en Eriba, et alors?

Publié par Nicolas le 11/09/2016

Les Alpes en Eriba

3 semaines après notre retour, on trouve enfin le temps de s’occuper de notre chère caravane… Ou pas… Je ne sais pas si c’est de la flemme ou si on a juste aucune envie de la revendre… Bref, au lieu d’écrire, je devrais être en train de nettoyer, réparer 2-3 petits détails, lustrer, prendre des photos, et la mettre sur le bon coin.

Du coup je vais faire un petit bilan de cette chouette aventure qu’on a vécu en famille 😉

Les Alpes en Eriba

La première surprise fut de se rendre compte à quel point on n’a pas l’habitude de vivre ensemble…

2 mois sans se quitter, à 5, sans pouvoir larguer les enfants à l’école ou aller se planquer au boulot (encore que j’ai pu le faire un peu). Ce fut régulièrement rugueux, difficile, on se déséquilibre pour recréer. Retrouver nos repères ensemble, passer du temps, discuter, sans se stresser ni s’agresser. Puis vient le temps ou tout se met en place, les enfants jouent en rigolant, on discute paisiblement, on mange, on marche, on vit.

Les Alpes en Eriba

2 mois ne furent pas de trop pour en arriver là, on devait avoir une dette à régler.

Et la première conséquence fut la suppression des chambres des enfants en arrivant à la maison ! Un dortoir au calme pour les 3 d’un côté, et une grande salle de jeux de l’autre, pour préserver cette habitude de vivre ensemble plutôt que de s’isoler. Le résultat est probant, les enfants se lèvent et vont jouer tranquillement, c’est le grand retour des grasses mat’ pour les parents, des enfants qui rigolent franchement, et la fin des jouets partout dans la maison \o/

Les Alpes sont absolument splendides. Plus on y passe du temps, plus on en tombe amoureux. On s’y sent bien, libres. C’est incroyable de se dire qu’on a passé un été majoritairement sous les 20°C - on a même eu du gel sur le campement et de la neige pas très loin - et que cela ne nous a posé aucun souci, nous les varois frileux…

Les Alpes en Eriba Le Mont Blanc

On va faire l’impasse sur les endroits qu’on a moins aimés - il y en a - pour se concentrer sur ces découvertes qui nous donnent le sourire rien que d’en reparler :

La Slovénie… c’est finalement là ou l’on a passé le plus de temps. C’est sur que l’on a été déçus par Bled, mais c’est aussi de notre faute, on va finalement se foutre dans le seul endroit trop touristique du pays pour nous. Mais ce qu’on a vraiment adoré se sont les Slovènes et la vallée de la Soca ! Et encore, on a eu des orages et on a à peine pu profiter de la beauté de cette vallée, c’était déjà féérique. Et on a manqué tant d’autres endroits, notamment le Nord qui a l’air tout aussi beau. Il faudra revenir pour continuer l’exploration 🙂

Les Alpes en Eriba

Les dolomites… pfff… à couper le souffle, et là aussi on a fait qu’un tout petit bout en passant par le Nord, et sous la pluie. Des randos cathédralesques de partout.

Les Alpes en Eriba

Et le beaufortain, sauvage et magnifique. Un coin perdu où la montagne est restée dans son jus, face au Mont Blanc…

Les Alpes en Eriba Où qu’elle est la caravane?

Une mention spéciale pour la vallée de Sölden, qui rend la montagne vraiment facile et accessible à tous, idéale pour quiconque souhaite s’initier à la rando en famille, et une autre pour le briançonnais qui est également un endroit qu’on a adoré et qui à l’avantage de ne pas être trop loin de la maison.

Concernant le matériel, on était vraiment bien. On a passé froid, vent, orages et grand soleil sans aucun souci. La caravane a été parfaite, solide, fiable, offrant un vrai refuge pour laisser passer la pluie, un vrai lit pour nous, et une cuisine pour pouvoir faire à manger sans difficulté. Avec la tente « 2 secondes » des enfants, on pouvait bouger le campement sans peine, le plus gros du travail était surtout de ranger nos affaires qui avaient tendance à s’étaler quand on restait trop longtemps dans un endroit…

Les Alpes en Eriba

L’objectif de ce périple était également de valider du matériel - ou l’absence de matériel - pour notre départ au tour du monde. Qu’est-ce qui est essentiel, qu’est-ce qui nous manque, comment vivre avec le moins possible? Globalement, nos références viennent du minimalisme de la Marche Ultra Légère (MUL pour les intimes), l’idée étant que voyager léger libère l’esprit et nous permet de nous concentrer sur… le voyage. On prend le moins de choses, le plus léger, le plus fiable et le plus complémentaire possible.

Et ça a encore fait ses preuves : les vétements techniques en synthétique sont beaucoup plus légers, résistants, ne sentent pas mauvais, sèchent plus vite, que leur équivalent en coton. Ils sont également faits pour s’empiler facilement pour répondre à toutes les conditions. C’est certes moins glamour, pas forcément moins écolo, mais qu’est-ce que ça fait du bien de ne pas avoir des placards et des coffres blindés et inaccessibles d’affaires en tout genre, du linge qui sèche vite, le tout en étant capables d’emporter en rando de quoi équiper toute la famille pour tenir 5°C sous la pluie ! Après faut pas oublier de les prendre… 😉

Les Alpes en Eriba

Pour la cuisine, on a encore du boulot… c’est bien beau de manger plein de fruits et légumes, mais vu que les approvisionnements ont été très difficiles déjà dans les Alpes, cela risque de devenir encore plus compliqué pour nous en mer…

Concernant les loisirs, des livres et des petits jeux de société sont indispensables pour occuper tout le monde les jours de pluie. Pour le reste, il faut juste prendre de quoi profiter de la nature ! Le fait d’avoir le moins de choses possibles nous propulse dehors : on n’a que des chaussures ? Et bien marchons…

Les Alpes en Eriba

Quelque part, quand on expérimente le minimalisme, on cherche à atteindre la limite où quelque chose d’important nous manque. Et je peux vous dire que c’est difficile… d’arriver à manquer. On prend conscience petit à petit à quel point on a besoin de peu de choses pour vivre confortablement. L’image de l’enfant entouré de ses cadeaux de Noël en train de jouer avec un carton d’emballage est parfaite pour illustrer ça…

Mais le problème de cette histoire, c’est l’impatience. On ne tient plus en place, on se sent désormais enfermés à l’intérieur. On veut partir, on va partir, mais il faut encore acheter un bateau, le préparer, nous préparer, pour enfin pouvoir revivre deh0rs !

Les Alpes en Eriba