Quand ça veut pas…

Publié par Nicolas le 10/11/2016

Class 40

Et voila, Jumpa Lagi est parti sans moi…

Je devais rejoindre ce Class 40 en cours de convoyage, mais j’ai pas pu me rendre sur le ponton à temps… Je les ai vu arriver trop tôt à Ibiza en les suivant avec l’AIS (système de localisation qu’on aura également sur notre bateau), puis repartir sans moi hier matin. J’espère que tout va bien se passer pour eux, la traversée du Golf du Lion s’annonce très sportive avec des rafales à 40kt… mais je m’y serais bien frotté 😉

Je me retrouve dans une situation un peu étonnante quand même, beaucoup de choses changent de façon très positives en ce moment, Boutik Circus est en plein développement, mes soucis de fatigues chroniques que je traine depuis un an semblent petit à petit s’estomper, toute la famille va bien et se prépare à larguer les amarres, pourtant il me semble que je viens de vivre le plus gros échec de ma vie !

Ce n’est bien sur pas le fait d’avoir rater un convoyage qui pose problème, mais on sait désormais qu’on ne partira pas avec ce type de bateau autour du monde. Ceux qu’on a visité demandent trop de travail et/ou ne nous conviennent pas, et il n’y en a plus d’autre sur le marché dans notre budget. Ce n’est pas très grave en soi, vraiment. On va partir sur un magnifique voilier qu’on va tous adorer, ce n’est même pas ça le problème.

Ce qui me surprend, ce qui me déstabilise, c’est d’avoir travaillé 4 ans dans un sens sans que ça aboutisse. C’est la première fois que ça m’arrive. Enfin je crois.

Quand je dis « travaillé 4 ans », il faut que je vous explique un petit peu ce qu’il s’est passé. La voile change beaucoup depuis 15-20 ans, notamment avec l’arrivée des carènes plates, typiquement celles des bateaux du Vendée Globe qui sont actuellement en train de tourner autour du Monde, ou des Class 40. Celles-ci sont encore réservées aux bateaux de course, mais on est de plus en plus nombreux à croire qu’elles présentent de nombreux avantages pour la croisière.

Dans mon cas, c’est le roulis qui me pose le plus de problème sur les bateaux de croisière classiques. C’est très inconfortable à vivre, surtout pour les enfants, en navigation comme au mouillage. Bien sûr, les Class 40 n’ont pas trop ce genre de soucis…

Mais ce n’est pas tout, on ne supporte pas le moteur… Dès qu’il est allumé, une tête d’enfant sort pour nous demander quand est-ce qu’on arrive pendant que les 2 autres sont en train de s’étriper en fond de cale… On coupe, on met les voiles, plus un bruit, on est en pleine mer mais on est arrivé, personne ne veut être ailleurs que là… alors avoir un bateau qui avance sous voile au moindre souffle d’air nous paraissait important.

On parle de sécurité? Du comportement dans la brafougne? Du fait de pouvoir aller plus loin? De pouvoir accélérer à loisir? De jouer avec les vagues l’après-midi et de lever le pied le soir?

Ces bateaux sont l’avenir de la croisière. Je suis loin d’être le seul à le penser même si ce n’est pas du tout évident pour tout le monde. Florence et moi avons passé 4 ans à arpenter pontons et salons nautiques, à discuter avec des dizaines de professionnels, skippers, marins, voyageurs, à confronter nos idées, réfléchir, envisager, se convaincre qu’une fois de plus on avait raison d’aller à contre-courant… Je pensais que notre aventure ferait avancer cette idée… Ca ne sera malheureusement pas le cas.

Le plus fou dans cette histoire c’est que je me retrouve à devoir me contenter d’un tour du monde en famille, avec une entreprise florissante à gérer à terre !

Du coup ça devrait aller, je vais m’en remettre rapidement 😀