Prendre sa place

Publié par Florence le 12/03/2017

Réunis depuis maintenant 3 semaines, la vie à bord se met peu à peu en place, chacun cherchant, testant, trouvant et prenant peu à peu sa place… Car vivre à 5 dans 20 m2 avec seulement 2 cabines, c’est accepter la promiscuité tout en essayant de respecter le besoin d’intimité, voire parfois de tranquillité de chacun. Tout un programme dans lequel il faut trouver un nouvel équilibre.

Et ces 3 semaines n’auront pas été de trop pour poser les bases de cette nouvelle vie, entre joie d’être ensemble, tensions et prise de marques.

Pour Nicolas et Côme, passer d’une vie en mer à deux, sans horaires ni contraintes, à une vie de mouillage à 5, avec le bruit, le mouvement et les contraintes associés, ne fut pas aisé au début. Les choses se normalisent, je crois, mais avec une folle envie de (re)larguer les amarres très vite pour eux deux.

Pour Auguste et Gaspard, découvrir une vie nomade sans attaches ni contraintes peut déstabiliser quelque peu au début, comme tout apprentissage de liberté et d’autogestion. Mais quelle joie quotidienne!

Pour moi, il s’agit d’accepter les besoins de solitude et les temps de travail de Nicolas, de gérer et de réguler la demande quasi constante des enfants, de reconnaitre mes propres besoins, de leur faire de la place et de m’adapter au nouveau temps à bord. Car c’est ce qui me marque à ce jour le plus, ce nouveau rapport au temps. Comme un retour à un rythme plus physiologique, plus traditionnel aussi, chaque tâche prenant ici plus de temps, plus de place et finalement plus de sens. Une journée rythmée par des taches ménagères dont nous n’avons plus l’habitude dans nos rythmes de vie moderne, assistés que nous sommes de multiples outils et appareils. Ici, faire le repas, faire la vaisselle, faire le pain, chaque tâche prend plus de temps et donc plus de place… et devient un véritable moment de vie. Déroutant au début quand en fin de journée on fait le bilan de ce que l’on a fait par rapport à ce que l’on avait prévu de faire… Et finalement, on apprend à apprécier chacun de ces moments plus en conscience, comme chaque autre moment de la journée, sans qu’aucun ne soit plus important qu’un autre. Juste nécessaire. Et donc plus intense. Un vrai chemin de lâcher-prise. A suivre…

Florence