Boom !

Publié par Nicolas le 05/05/2017

La nuit est tombée devant le port de Hyères. Nous sommes au mouillage, la mer est d’huile, les lumières du port rougeoient paisiblement sur l’eau. Il est 23h, je somnole entre deux eaux, près à tomber dans les bras de morphée.

Et puis… BOOM !

Un craquement vient déchirer notre torpeur, 1 seconde passe, et Flo réagit en premier :

« On a été percuté ! »

Je saute du lit, sort dehors pour voir le coupable et constater les dégâts, et là… rien. Personne. On n’a pas bougé. La mer miroite. Seul un petit liserai sur l’eau semble s’éloigner du bateau. Je perçois dans le reflet des lumières du port une sorte de boué, un tube qui sort de l’eau 20 m devant nous, je ne vois pas bien…

Le temps que Flo revienne avec un projecteur, plus rien.

On se regarde… On a bien été percuté hein? Oui… par quoi?

Je me souviens de cet hiver, quand nous étions au port. Les plongeurs de la marine ont leur bateau dans le bassin devant lequel on est mouillé. Ce serait eux avec un engin amphibie? Pourquoi ne se sont-ils pas arrêtés?

Je saute dans l’annexe pendant que Flo vérifie d’éventuelles voies d’eau. Je veux savoir… Je parcours le port à la recherche de personnes sortant de l’eau, débarquant, n’importe qui en fait, il faut juste que je sache ce qui nous a percuté.

Je vois une lumière rouge. Bizarre… c’est sur l’eau, tout petit… je m’approche, je fais le tour, et je me prends dans la ligne du pauvre pêcheur qui attendait patiemment un poisson plus petit que moi avec son bouchon lumineux 🙂

Il est de bonne humeur, tant mieux pour moi… j’en profite pour lui demander si il n’a pas vu un bateau rentrer dans le port. Il m’indique que si, il est parti à gauche en rentrant au port. J’y vais de ce pas, mais je me rappelle rapidement que ça doit être le pêcheur qui est passé 2-3 min après le choc. Tant pis, il faut que je fouille…

Je ne trouve rien et je n’ose plus passer devant le pêcheur qui m’a indiqué l’autre direction, il va croire que je manque de confiance… c’est tout moi ça… mais je suis bien décidé à aller voir du côté des plongeurs de la marine.

Alors je pose l’annexe, et je traverse le port pieds nus, entre fếtards et amoureux, profitant de ce moment hors du temps ou je cherche un improbable sous-marin dans un port de plaisance en pleine nuit.

J’arrive enfin devant leur place au port. Personne, pas de sous-marin ou d’engin amphibie. MAIS ils sont bien à l’entrainement, le camion est là et leur bateau est absent.

Ça me suffit, c’est sur, c’est eux… Même pas foutu de s’arrêter pour constater d’éventuels dégâts ou nous rassurer…

Je rentre au bateau, pas bredouille mais presque, pour me rendormir du sommeil du juste.

La plongée sous la coque de ce matin ne me donnera pas tellement plus d’informations, sauf que tout va bien, ce qui n’est pas si mal en fait.

Mais je ne sais pas. Et ça, ça m’énerve.