Je m'ennuie

Publié par Nicolas le 19/09/2018

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Mataro

Christophe m’a très gentiment prêté sa place de port. Après 6 mois passé à tourner autour de mon ancre, c’était une aubaine. L’heure de passer l’aspirateur et de pouvoir mettre un pied à terre…

Faut dire que j’ai passé un été incroyable, à voir et revoir familles et amis, sans arrêt, sans respirer.

Tout le monde étant désormais retourné vaquer sous son marronnier, j’ai repris la mer, et j’ai couru me réfugier à Mataro, au nord de Barcelone.

Chouette traversée d’ailleurs ! J’ai juste perdu quelques réflexes, comme celui de bien fermer les hublots avant de me jeter dans la brafougne… Ça rince les fonds de cales comme on dit !

Depuis ma vie a repris son rythme. D’une lenteur assourdissante…

Heureusement, j’ai des voisins !

Bon celui de tribord ne me dit pas bonjour. Pas de chance… Il n’a pas l’air méchant pourtant. C’est l’archétype du bon grand-père de famille, il vient passer ses week-end avec maman à bord. Ils regardent les bateaux d’en face, comme moi.

D’ailleurs il est joyeux le bateau d’en face ! C’est fugace, Monsieur vient de temps en temps avec une très jolie fille. Elle est heureuse, ça rigole beaucoup, ça fait plaisir à entendre ! Le bateau doit être très propre, parce que la femme de ménage vient souvent.

Il y a un grand voilier de course au bout du quai. J’aurais bien aimé faire connaissance, mais ce sont des professionnels. Ils sont très sérieux. Tout à l’air très important, certainement trop pour moi où tout à l’air absolument pas important…

J’ai un autre voisin qui parle un peu français, alors il me dit toujours bonjour en français, alors que c’est le seul truc que je sais dire en Catalan… Il ne m’aide pas des masses…

Ça me fait penser à cette petite dame, elle aussi s’ennuyait… pourtant elle était très souriante, comme moi. Quand elle a cherché à m’expliquer que ça faisait une heure qu’elle attendait devant le lave linge dans lequel mes affaires pourrissaient d’ennui, j’ai pas eu de mal à comprendre.

Finalement, elle parlait un peu français, et on a rigolé ensemble. Chose que je n’arrive pas à m’expliquer par contre, je me sens obligé de parler anglais dans ces situations… La culpabilité de ne pas parler la bonne langue ? De ne pas avoir fait l’effort de l’apprendre ? Ou juste l’envie de montrer que je fais de mon mieux ?

Enfin tout ça pour dire à Christophe que malgré la gentillesse de sa proposition, j’envisage de plus en plus sérieusement la possibilité de reprendre la mer…

Nicolas