La décision la plus difficile de ma vie...

Publié par Nicolas le 31/08/2017

J’ai du mal à dire précisément quand ça a pris forme. Il y a moins de 2 mois en tout cas. Quand on était en Corse peut-être. Mon mal-être n’a fait que s’accroître depuis, pour devenir une décision irréversible il y a quelques jours seulement.

Je quitte Florence. Je quitte ma famille. Je quitte 20 ans de vie, de projets, d’aventures avec celle qui fut mon âme sœur.

Et je quitte tout ça au plus mauvais moment… quand on a tout, quand on est arrivé, ou plutôt quand, après 5 ans de préparatifs, on part enfin…

20 ans de vie commune…

On avait 23 & 24 ans quand, à peine mariés, on plaque tout à Paris. Appartement, boulots, avenir de jeunes cadres dynamiques, sécurité. On part avec un camion loué pour l’occasion et nos quelques meubles pour Toulouse. 5 000€ en poche, pas de boulot, pas de toit, juste l’envie d’ailleurs, d’un avenir qu’on ne trace pas pour nous.

On y restera 7 ans. Le temps d’avoir un enfant, Côme, et de se rendre compte qu’un travail salarié ne nous offre pas la liberté attendue.

Alors on repart de rien, on crée 2 entreprises en même temps, une chacun. Rien que ça… Et puis on déménage pour l’occasion, histoire de se mettre totalement dans le rouge, sans revenu. Et comme on est motivé on ajoute dans la foulée un enfant, Auguste, cerise sur le gâteau.

On quitte Toulouse pour Tourves donc, dans le Var, là où on ne connaît personne, où l’on n’a rien, mais un lieu qui respire notre liberté. Notre vie et nos 2 entreprises dans un container, un enfant dans les bras, l’autre au chaud.

A peine arrivons-nous à nous remettre de nos émotions, que tiens, si on faisait le tour du monde à la voile? Hein? Mais notre famille n’est pas complète, il nous faut un enfant de plus pour ça, Gaspard donc.

Cette soif de liberté est avant tout la mienne, mais ma motivation a toujours été de construire un cadre de vie épanouissant pour notre couple et notre famille. Et surtout je n’aurais jamais pu faire ça sans Florence.

Que dis-je… on a fait ça ensemble. Intégralement ensemble. Intensément ensemble…

On a grandi ensemble, on s’est construit ensemble. On s’est soutenu sans jamais faillir dans nos difficultés. On a tout surmonté. La tête haute.

Je suis tellement fier de tout ça, de notre parcours, de notre famille, de ce qu’on a bâtit, de ce qu’on a vécu…

Il y en avait toujours un pour soutenir l’autre. Dès que Florence fléchissait, je prenais le relais, je m’occupais de la famille, je l’aidais. Et quand c’était moi qui avait besoin d’aide? Elle surmontait ses problèmes pour s’occuper de tout, me laissant gérer mes difficultés sans contrainte. On a toujours fonctionné comme ça. C’est le fondement de notre histoire, l’entraide.

Mais cet été, j’ai pris conscience que nous n’avions jamais été bien tout les 2 en même temps. Inconsciemment, j’ai commencé à la rabaisser pour qu’elle ait besoin de mon aide. Inconsciemment, elle me rabaissait pour se créer de l’espace.

Alors je me suis tu.

Et j’ai vu ce que je ne voulais pas voir. Plus je me taisais, plus je me renfermais, plus la famille s’épanouissait sur le bateau. Florence est devenue plus joyeuse et belle que jamais, les enfants ont suivi en chœur.

Bien sur que j’ai essayé de trouver ma place là dedans ! Mais je n’y suis pas arrivé. Je me suis enfoncé petit à petit, jusqu’à ce je ne vois plus qu’une issue. La mauvaise. L’horrible. L’irresponsable.

On a grandi ensemble vous disais-je, mais que fait-on quand on est devenu grand? Je crois qu’on avait tout deux conscience du risque inhérent à notre couple, à notre fonctionnement, mais c’est justement l’espoir d’une vie enfin libre et heureuse qui nous motivait.

La chute est horriblement difficile, mais cette aventure, ces 20 ans en commun, personne ne pourra jamais nous l’enlever. Parce qu’aujourd’hui on est plus fort qu’on ne l’a jamais été, et qu’on se le doit l’un à l’autre, éternellement.