Le long chemin vers la pleine santé

Publié par Nicolas le 13/09/2017

Je parle beaucoup de moi en ce moment, toutes mes excuses, ça a visiblement besoin de sortir.

J’ai l’impression que de mettre sur papier toutes ces pensées libère un peu de place dans ma tête. C’est un peu le vide grenier, j’étale tout ce qui traîne depuis trop longtemps sur le trottoir en bas de chez moi…

Donc on y est… c’est certainement l’article auquel je pense depuis le plus longtemps. Je ne voulais pas en parler avant d’être guérit, mais j’ai besoin d’écrire, et ça me semble aujourd’hui plus important que de pouvoir étaler ma fierté d’avoir gagné face à mon mal…

En décembre ça fera 2 ans… 2 ans que je suis bousculé par une fatigue chronique. Elle m’a cloué au lit pendant 3-4 mois, depuis je vais un peu mieux, mais sans retrouver une forme et une capacité de concentration digne de ce nom, et surtout je me retrouve encore une à 2 fois par jour terrassé par le besoin de dormir.

Le mal s’est mis en place petit à petit, mais c’est une semaine avant la SaintéLyon 2015 qu’il a commencé à se concrétiser.

Je m’étais mis au trail parce que je traînais des problèmes de dos depuis l’adolescence et que je voulais les régler avant de partir en bateau. Il me fallait un sport simple que je puisse pratiquer depuis le bureau. Le trail est beaucoup plus doux que la course à pied, et plus varié aussi, et finalement ça m’a fait beaucoup de bien à mon dos (je cours sur l’avant du pied pour les experts de passage).

Je me suis donc mis à faire quelques courses, ça motive et ce sont des moments assez extra-ordinaires, au premier sens du terme !

Donc arrive la SaintéLyon 2015. Une course de nuit, début décembre, entre St Etienne et Lyon. 72 km dans le froid et les vallons qui séparent les deux villes. Les préparatifs et les entraînements ont été laborieux et une semaine avant l’échéance, je suis épuisé. Je ne comprends pas vraiment pourquoi, j’ai pas forcé, j’ai fait hyper attention. Mais le mal est là… Je suis tellement épuisé que je n’arrive même plus à travailler.

Alors je prends une décision, pour la semaine normalement, je vais m’installer un bureau dans le grenier de la maison. C’est pas vraiment un grenier d’ailleurs, c’est une grande pièce lumineuse qu’on utilise comme grenier. Il y a déjà un bureau, et… un lit. Une grand fenêtre fait face au bureau, donnant plein sud sur les petites montagnes de centre-var, mon terrain d’entraînement. C’est chouette, j’y suis bien.

J’y serais tellement bien que ça va vite devenir ma tannière… Je passerai ma semaine d’avant course à dormir, impossible de me concentrer pour travailler. Mon équipe est au courant que je me repose pour la course et se débrouille toute seule.

Samedi, la course part à minuit, je continue de dormir toute la journée. Je me sens mieux mais je suis loin d’être en pleine forme comme je le devrais… On verra bien.

KM 0 - le départ est donné. Je pars dans les derniers, je préfère ne pas forcer en début de parcours, c’est long et on a toute la nuit pour doubler les autres.

KM 15 - les premiers signes de fatigue… WAIT… WHAT ?!? Je ne sais pas trop quoi en penser, mais je commence à avoir de sérieux doutes.

KM 20 - je suis épuisé… j’arrive encore à courir un peu mais je suis au bord de la déprime, je décide quand même de continuer coûte que coûte, faut que je finisse.

KM 67 - un couple très âgé fait sa petite ballade du dimanche, bras dessus, bras dessous, sur les hauteurs de Lyon. Ils sont mignons. Allez, je vais me les faire, faut que j’arrive à les doubler, au moins eux !!! J’y arriverais pas… chaque pas est une douleur, je ferais les dernières descentes en marche arrière tellement j’ai mal…

KM 72 - Arrivée, le sourire d’avoir réussi, mais avec de sérieux doutes sur ce que je viens de vivre.

Ce fut la nuit la plus douloureuse et longue de ma vie. Mais j’ai eu le temps de réfléchir, et d’accepter qu’il y avait un problème… et pas un petit problème, un gros problème qu’il fallait que je trouve.

Les 4 mois qui suivirent furent passés alité quasiment en permanence. J’ai dû laisser ma famille et mon entreprise vivre de leur côté, je restais la plupart du temps isolé dans mon grenier.

J’ai attaqué le parcours médical à ce moment là, mais après tests et consultations, le bilan est vierge de tout problème évident. Cependant le Dr House de Marseille que j’ai rencontré va me donner les bons conseils : Si je ne suis ni malade, ni en dépression, ni en burn-out, je n’ai pas pour autant aucun soucis de santé, c’est juste qu’il ne peut rien faire pour moi, et il va falloir que je me débrouille seul.

Ce fut donc pour moi le début d’un long parcours à la découverte de mon corps d’abord, de son fonctionnement et de ses dysfonctionnements, et des diverses médecines, étrangères, douce, naturelle, etc… Je me renseignais à la recherche de réponses, avec des livres, le web bien sûr, Youtube, et quand je tenais une hypothèse, j’expérimentais.

S’en est suivi des mois de hauts et de bas, d’échecs en petites victoires, qui m’ont permis d’avancer et de comprendre.

J’aurais ce qu’on appelle une MICI - une Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin -, mais pas une forme qui rentre dans les cases visiblement. Je n’arriverais pas à digérer les sucres complexes. Ces sucres se retrouveraient donc en proportion anormale dans les intestins et le colon notamment, et permettraient le sur-développement d’un microbiot pathogène qui irrite les parois intestinales. Les conséquences sont assez fâcheuses, puisqu’en plus des douleurs que maintenant je me souviens avoir eu depuis tout petit, les intestins ne jouent plus leur rôle de filtre contre les toxines, ils deviennent poreux. Cette inflammation provoque donc un afflux massif à chaque digestion de toxines dans le corps, qui sont normalement évacuées par les reins.

Oui mais voila, j’ai tellement tiré sur la corde que mes reins n’en peuvent plus. Et c’est comme ça depuis l’enfance. Je trouvais ça drôle d’être toujours celui qui pissait le plus loin, maintenant je sais que j’avais déjà un dysfonctionnement rénal. Je me souviens avoir consulté étant petit pour ces problèmes, mais déjà à l’époque ils n’avaient rien trouvé.

Donc on en revient au trail… saviez-vous que 80% des finishers d’un marathon sont en insuffisance rénal ? Et oui, en courant on génère tellement de toxines qu’on sur-sollicite les reins. C’est ce qui m’a fait tombé en tout cas. Je ressentais clairement un mal de dos lors de mes trails, ce que je sais être maintenant un mal de reins. J’ai fais une dernière course après la SaintéLyon pour être sur, ce fut mon premier abandon, mais avec le sourire, j’ai senti la douleur aux reins monter en même temps que ma fatigue arrivait. J’avais l’origine de mes problèmes !

Enfin pas tout à fait… parce qu’une fois qu’on a compris qu’on a des problèmes digestifs, il faut trouver les aliments qui nous conviennent. C’est là que j’ai essayé beaucoup de choses, pour en venir à éliminer beaucoup d’aliments…

Plus j’éliminais des aliments nocifs pour moi, mieux je me sentais, et ça continue encore aujourd’hui. C’est à partir de ce moment là ou j’ai commencé à maîtriser ma maladie, toujours avec des hauts et des bas en fonction des aliments que je testais, mais avec le sentiment d’aller dans le bon sens en permanence.

Aujourd’hui j’ai un régime très stricte, fruits, légumes, œufs, fruits secs, et de temps en temps du poisson ou de la viande, le tout copieusement arrosé d’huile d’olive.

Plus de pain, plus de pizza, plus de pâte, plus d’alcool, plus de riz, plus de gâteau, plus de fromage, plus de café, ni rien du tout… Adieu le petit morceau de rebloch’ accompagné de son ballon de rouge… le seul truc un peu consistant que je peux manger sont les pommes de terre, mais en petite quantité.

Il va falloir du temps pour m’en remettre. J’y vais doucement, sans forcer, je marche au lieu de courir, je me repose. Mais chaque jour je gagne un petit peu sur le mal. Les douleurs au ventre s’estompent, je retrouve de plus en plus de capacité de concentration, d’énergie, et je dors de moins en mois, de moins en moins souvent. Ça me prendra certainement des mois, peut-être des années, mais je vais vers la pleine santé, tout simplement parce que je sais aujourd’hui que je suis capable de comprendre mon corps et de répondre a ses besoins. Si victoire il y a, elle est là pour moi…

Je ne peux pas rentrer dans le détail de tout ce que j’ai vécu et testé ces 2 dernières années, mais je voulais vous partager quelques pensées :

  • la meilleure lecture sur ce sujet que je peux vous conseiller est le Best-Seller de la jeune médecin allemande Giulia Enders “Le charme discret de l’intestin”. Vous y apprendrez que les recherches avancent significativement sur le système digestif seulement depuis 5-6 ans, et que les principales découvertes portent surtout sur l’étendu de notre ignorance… que les bactéries du microbiot, qui sont des organismes vivants indépendants de nous, peuvent communiquer directement avec notre cerveau, et provoquer bonheur ou dépression à leur guise… que le groupe sanguin influe la composition du microbiot, mais qu’on n’en connaît pas du tout les conséquences… et pour finir, que la composition de votre microbiot est unique, et influe sur vos besoins alimentaires et sur le fonctionnement de tout votre corps.

  • il n’y a à mes yeux plus aucun conseil diététique qui ne tienne la route. Prenons par exemple le verre de vin par jour. Si ce verre de vin est bénéfique pour disons 80% de la population, la science va dire que c’est un bon conseil et qu’on peut le prodiguer. Le problème est que vous n’avez aucune idée si vous êtes dans les 20% ou les 80%. En aucun cas ce conseil vous dit si prendre un verre de vin par jour est bon pour vous ou pas, il dit juste que c’est bon pour la majorité des gens. Il n’a absolument aucune valeur individuelle. Dans mon cas par exemple, on m’a toujours dit qu’il fallait manger du sucre lent, qui était bon pour la santé, contrairement au sucre rapide, qui lui pose un soucis de poids, de diabète, de fringale, etc… sauf que moi je n’ai aucun soucis avec les sucres rapides, notamment les fructose. Pas de fringale, pas de prise de poids, pas de problème d’insuline… Seul vous pouvez savoir ce qui est bon pour vous, parce que la science étudie les massent, et que vous êtes un individu.

  • il y a un fâcheux malentendu avec la médecine française qui ne reconnaît pas les mécanismes de stockage et de déstockage des toxines. En France, les toxines générées circulent dans le sang jusqu’à leur évacuation par les émoctoirs (foie, peau, reins, intestins, poumons). Ils ne peuvent donc pas être stocké, et encore moins déstocké. D’où les nombreux quiproquo que l’on peut voir sur les régimes “détox” ou le jeûne. Pourtant ces mécanismes sont reconnues et étudiés par d’autres médecines occidentales, et ils permettent même d’expliquer pourquoi mes analyses sanguines ont toujours été bonnes malgré mes problèmes de reins.

  • pour finir je voudrais parler du jeûne, parce que ça m’aide énormément à rétablir un fonctionnement normal de mon système digestif. C’est après un jeûne que j’ai vu pour la première fois mes reins fonctionner normalement (ça surprend, je vous assure…). Il permet à mes intestins de se reposer et de réduire l’inflammation. C’est également pendant le jeûne que le corps libère toutes les toxines stockés pendant toutes ces années, moment que l’on appelle l’acidose, et qui me permet petit à petit de m’en remettre. Cette pratique est le plus puissant moyen d’auto-guérisson que le corps possède. Les bienfaits du jeûne ne sont pas reconnus en France, mais à l’étranger il permet de décupler les effets d’une chimio-thérapie, de guérir des dépressions et des schizophrénies, et pleins d’autre choses incroyables… Cependant je ne recommanderais ça à personne. Je l’ai fait seul et ce n’est pas une bonne idée. C’est trop violent. J’ai maintenant suffisamment d’expérience pour savoir si j’ai assez de force pour jeûner et combien de temps, mais j’ai un peu trop souffert pour acquérir cette expérience… Et comme ce n’est pas en France que vous trouverez une structure médicalisée pour faire un jeûne sérieux… Mieux vaut s’abstenir.

PS : promis, on reparle de voile et de voyage très vite ;)