Retour en France

Publié par Nicolas le 12/09/2017

Même si je navigue toujours à vue, la vie semble reprendre ses droits petit à petit.

Les enfants ont pu rentrer dans une petite école à Vannes, exception faite de Côme qui rentre jeudi en école démocratique, une pédagogie qui lui conviendrait bien. Et c’est Daniel Pennac qui en parle le mieux :

“Quels pédagogues nous étions, quand nous n’avions pas le souci de la pédagogie !”

Une école libre en somme… Pas de classe, pas d’obligation, mais des ateliers, des intervenants, et un environnement propice à l’apprentissage autonome… J’espère qu’il s’y sentira bien, c’est pour lui que l’abandon de notre projet familial est le plus dur…

De mon côté, il faut que je m’organise pour les voir pour les vacances. Je pensais y aller en avion et louer un appartement un Bretagne, mais ça me parait un peu compliqué pour le moment… J’ai également besoin de vider le bateau de toutes les affaires dont je n’ai plus besoin, et de rendre à Flo et aux enfants ce qu’ils n’ont pas pu embarquer. Ça sera donc un retour en France avec Vogue Merry.

Il faut du coup que je remette le bateau en ordre de naviguer en solitaire. Je sollicite mes proches pour venir m’accompagner, mais ce n’est pas une période très propice, d’autant plus que ça ne me déplaît pas du tout de faire le retour seul. En tout cas il faut que le bateau soit prêt, on va traverser des routes ou il y a pas mal de monde, et surtout on y sera à une période ou les méchants coups de vent en méditerranée ne sont pas une légende…

Mais il n’est pas déjà prêt le bateau ? Si si, enfin non non… il y a des systèmes qui ont rendu l’âme, comme l’AIS, ou les batteries, d’autres que j’ai pas finis d’installer parce que pas forcément nécessaire pendant l’été en famille, et des vérifications de routines à faire… Enfin y’a du travail quoi.

On fait le tour ?

La priorité c’est de changer les batteries. Elles sont en fin de vie et elles ne peuvent pas tenir le pilote toute une nuit… je peux pas partir sans. Je suis en train de regarder comment m’en faire livrer ici ou en acheter sur place.

Il faut également changer l’AIS, le système anti-collision & de localisation des bateaux. Celui qui était à l’origine avec le bateau ne fonctionne plus. Après investigation, c’est un connecteur sur l’antenne VHF qui a fait un court-circuit et griller l’AIS. Associé avec le radar qui lui fonctionne bien, ils me permettront de pouvoir faire des siestes régulièrement sans prendre de risque.

Je vais acheter une balise de détresse personnelle. Je n’en avais pas jusqu’à maintenant, mais il y a toujours eu quelqu’un à bord pour avertir les secours et donner ma position si je tombais à l’eau. Ça ne sera plus le cas, il faut que j’ai en permanence une balise sur moi. Ces balises envoi via satellite ma position en cas de détresse, ainsi qu’un message aux bateaux environnants pour certaines.

Je dois remettre l’étai largable de trinquette. C’est le câble qui sert à mettre la petite voile d’avant pour le gros temps. On n’est plus en été et je risque d’en avoir besoin. Je l’avais fait modifié suite au convoyage mais je ne l’ai toujours pas remis en place. Je suis bon pour monter au mat ! Heureusement j’avais prévu un système d’escalade sur corde qui me permet de monter seul.

Pareil pour les panneaux solaires, j’en ai mis 2 qui suffisait pour passer l’été, mais il faut que j’installe les deux autres, la luminosité baisse et il va falloir charger les batteries à bloque pour le pilote automatique !

Je dois également installer un réflecteur radar. Ça permet de mieux être détecté par les radars des autres. Les bateaux ayant leur propre radar en sont rarement équipés, Vogue Merry ne l’est pas, c’est pourtant loin d’être superflue… Un gros cargo ne nous a pas vu cet été… Ça ne coûte pas cher, et ça sera un élément de sécurité en plus.

Vérifier la tension des haubans… Ça c’est un truc que je voulais faire depuis la fin du convoyage et que j’avais remis aux calendes grecs. Je trouvais mon gréement trop mou, et effectivement il manquait un peu de tension. Je n’ai pas encore fini les réglages mais le gros en fait. A noter que je n’ai pas de tensiomètre à bord, mais j’utilise la méthode recommandé par Selden qui consiste à mesurer l’allongement des haubans sur 2m, et d’en déduire la tension. Ça marche très bien !

Changer ces fichus toilettes… ça c’est fait… L’ancien proprio a voulu bien faire en mettant des toilettes électriques hors de prix, mais ça n’a été qu’une succession de galères et de fuites… je suis revenu aux toilettes classiques…

Et puis il restera à faire le plein de gasoil, passer un coup de brosse sur la coque, vérifier les anodes, ranger et caler toutes les affaires dans le bateau, faire l’avitaillement, et je serais prêt !

La navigation devrait durer de 10 à 12 jours. Plus si il n’y a pas de vent. Le parcours dépendra de la météo mais plusieurs options sont possibles, soit en passant au sud de la Sicile avec éventuellement une escale à Tunis, ou par le nord via le détroit de Messine, mais il y a souvent du vent fort de nord dedans et il me semble compliqué à prendre dans ce sens. Après il y aura la Sardaigne, à passer soit à l’Est, option intéressante si il y a un gros coup de mistral sur la méditerranée, sinon l’Ouest pour être au large sans croiser trop de bateaux qui représentent toujours un risque de collision. Concernant la Corse, il est peu probable que je remonte par l’Est.

Départ prévu le 1er Octobre !